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Naviguer sur l'océan des affaires

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Auteur : Jean Brion
Langue : français
Date de parution : février 2016
ISBN 978-2-916578-52-1

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20,50 €

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Fiche technique

Nombres de page : 316
Année : 2016
Langue : Français

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Les promesses non tenues constituent des dettes qui nous rongent le cœur et l’esprit. J’en ai fait la triste expérience.

Il y a sept ou huit ans, j’ai promis aux enfants de mes enfants, auxquels j’adore raconter des histoires, d’écrire un jour pour eux l’histoire de “Conti”.

Quelques semaines plus tard, lors d’une fête du personnel, j’ai dévoilé à mes collaborateurs quelques vieux souvenirs. Comme ils les avaient trouvés assez drôles dans l’euphorie du moment, j’ai eu l’imprudence de déclarer qu’il s’agissait d’extraits de mes mémoires et qu’en guise d’appréciation pour leur support quotidien, je leur offrirais un exemplaire dès que l’ouvrage serait terminé.

Dans les deux cas, ce furent des promesses en l’air laissées sans suite, encore que, dans le fin fond de moi-même, l’idée de m’y atteler continuait à germer. Hélas, un trop grand nombre d’autres activités empêchèrent sa réalisation.

Curieusement, aujourd’hui, la pression des rongeurs revient soudain à la surface et me voici tenté de me lancer dans cette folle aventure. Deux éléments peuvent éventuellement expliquer le revirement. D’une part, comme j’ai passé le gouvernail à mon fils, qui se tire remarquablement d’affaire, et comme je ne vais plus au bureau qu’en matinée, je dispose d’un peu plus de temps libre. D’autre part, en prenant de l’âge vient la constatation que certains événements d’un passé éloigné sortent du brouillard de l’oubli avec une précision extraordinaire.

N’est-il pas trop tard ? N’est-il pas prévisible qu’à quatre-vingt-cinq ans, n’étant ni écrivain ni journaliste et n’ayant donc aucune expérience professionnelle dans ce domaine, le courage et l’assiduité me manqueront pour mener à bien ce projet ? Vous voyez que déjà resurgissent les hésitations et tergiversations antérieures !

Combien d’années me reste-t-il à vivre ? Personne ne peut me le dire. Pour l’espérance de vie d’un homme, je suis statistiquement déjà dans le rouge. Je suis hors normes. Bien sûr, il existe d’autres “anormaux” de ce calibre. Mais, dites-moi, cela prouve quoi ?

Dans ce douloureux contexte, une petite phrase anodine, entendue jadis en je ne sais plus quelle circonstance, me revient en mémoire : « Pour vivre très vieux, il faut avoir de très bonnes raisons. » Pour celui ou celle qui la prononça, ces bonnes raisons ne devaient être que d’ordre humanitaire. Oseriez-vous imaginer qu’écrire un… “bouquin” répond à ce critère ?

Vous aurez remarqué que ce mot “bouquin” sort difficilement de ma plume. C’est qu’il me paraît trivial. Quant au mot “livre”, par contre, il me semble pédant par rapport à ce que je crois être capable de faire. Il me fallait trouver quelque chose qui fût à mi-chemin entre pédant et trivial et, finalement, j’ai opté pour “feuilleton”.

J’imagine que vous avez sursauté devant ce choix s’il vous a fait penser à la télévision et à ces productions américaines qui se traînent en longueur, n’en finissent jamais et sont d’une insipide fadeur.

Au dix-huitième siècle, le feuilleton eut ses lettres de noblesse et le roman-feuilleton lança vraiment le journalisme. Puis la mode passa.

Ce qui m’a guidé dans le choix du terme, c’est avant tout son caractère épisodique qui correspond exactement à ce que j’ai l’intention de faire en racontant sous forme d’anecdotes des histoires vraiment vécues. De plus, l’obligation de produire des feuillets à dates plus ou moins fixes pourrait agir comme un stimulant et un aiguillon en m’empêchant d’abandonner le projet en cours de route. Enfin, l’intention est aussi d’envoyer les feuillets par ordinateur. Si j’en crois les ingénieurs de notre département informatique, dans un avenir pas trop éloigné on n’éditera plus de livres comme on ne publiera plus de journaux. Toutes les sources du savoir passeront via Internet sur votre portable, devenu aussi indispensable que votre réfrigérateur et votre lave-vaisselle.

Écrire la saga d’une entreprise requiert à première vue l’utilisation d’une stricte chronologie, si chère à l’Histoire classique. Je me dois de vous prévenir que ce n’est pas mon dessein. J’aime trop sauter du coq à l’âne comme le fait, vous en conviendrez, la pensée humaine, si habituée qu’elle est aux bonds capricieux de notre esprit et qui n’a que faire de la rigidité du jour après jour.

Les feuillets arrivant chez vous au coup par coup pourront, en principe, contenir des anecdotes de décennies très différentes, si cela convient à la démonstration de ma thèse. Vous serez gentils de m’accorder cette liberté.

Mais quelle est donc cette thèse ?

J’entends démontrer et, je l’espère, d’une manière agréable à lire, qu’une entreprise naît, vit, évolue et se métamorphose au gré des événements, comme le fait tout être vivant. J’irai même plus loin en affirmant que l’entreprise est en réalité une entité vivante qui possède une tête, un cerveau, un cœur, des nerfs et des muscles. Des nerfs aptes à réagir aux changements, fondements de l’évolution. Des muscles pour passer à l’action.

Au fil des textes, j’espère pouvoir faire comprendre au lecteur que certaines entreprises ont aussi une âme. Pour un mécréant qui doute que l’homme en ait une, mais qui a beaucoup de respect pour les religions qui ont créé ce mythe pour soulager ceux que les affres de la mort et de la disparition définitive traumatisaient, c’est évidemment un jugement de valeur. La Rochefoucauld, dans ses Maximes morales, ne disait-il pas que des maisons humbles, mais bien tenues, ont une âme qui manque aux grands palais ?

Pour clore cette déjà trop longue introduction, il me paraît opportun de bien s’entendre sur la terminologie du mot “entreprise”, dont les sens sont assez nombreux. Les dictionnaires consultés définissent la version qui convient à nos propos comme « une organisation de production de biens ou de services ». Personnellement, j’aimerais une définition à la fois plus restrictive et plus précise, telle que « une organisation de production qui entreprend et dont les animateurs ‒ les entrepreneurs ‒ prennent des risques après les avoir solidement évalués ».

Au dix-septième siècle, Molière disait : « C’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens. » Il s’agissait bien sûr du théâtre. De nos jours, dans notre monde économique, vaste théâtre, il y a heureusement toujours d’honnêtes gens, des entreprises performantes, souvent étranges, qui innovent, prennent des risques, pensent à long terme et où il paraît plaisant d’œuvrer.

Bon ! Si nous passions au concret ?

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